Depuis quelques années, un instrument fait beaucoup parler de lui dans les clubs d’astronomie solaire : le Sol’Ex. Compact, abordable et redoutablement performant, il permet aux astronomes amateurs d’accéder à la spectrohéliographie, une technique autrefois réservée aux observatoires professionnels.

Qu’est-ce que le Sol’Ex ?
Le Sol’Ex (Solar Explorer) est un spectrohéliographe développé par l’astronome amateur français Christian Buil.
Il s’agit d’un instrument imprimable en 3D, utilisant :
• Un réseau de diffraction
• Une fente d’entrée
• Une caméra CMOS
• Un système de balayage motorisé (via la monture)
Son principe : analyser la lumière solaire longueur d’onde par longueur d’onde pour reconstruire une image du Soleil dans une raie spectrale précise (H-alpha, Calcium K, Sodium, etc.).
Comment fonctionne un spectrohéliographe ?
Contrairement aux lunettes H-alpha classiques qui utilisent des filtres étroits, le Sol’Ex :
1. Décompose la lumière du Soleil en spectre
2. Sélectionne une longueur d’onde précise
3. Balaye le disque solaire
4. Reconstruit l’image ligne par ligne par traitement informatique
On obtient ainsi :
• Des images en H-alpha (656,3 nm)
• Des images en Calcium K (393,4 nm)
• Des cartes Doppler
• Des profils spectraux détaillés

Ce que l’on peut observer
Avec le Sol’Ex, un amateur peut révéler :
• Protubérances spectaculaires
• Régions actives
• Spicules
• Dynamique des éruptions
• Effets Doppler dans certaines structures
La finesse obtenue rivalise parfois avec des instruments commerciaux bien plus coûteux.
Pourquoi est-il révolutionnaire ?
Accessibilité
• Coût très inférieur à une lunette H-alpha dédiée
• Pièces imprimables en 3D
• Documentation libre et collaborative
Polyvalence

Un seul instrument permet d’explorer plusieurs raies spectrales, simplement en modifiant le traitement ou les paramètres.
Approche scientifique
Le Sol’Ex ouvre la porte à :
• L’étude de la dynamique solaire
• La spectroscopie fine
• La participation à des campagnes collaboratives
Dans un club comme le CAASV, il peut devenir un formidable outil pédagogique et scientifique.
Matériel nécessaire
Pour fonctionner, le Sol’Ex nécessite :
• Une petite lunette (souvent 60 à 80 mm)
• Une monture motorisée stable
• Une caméra rapide
• Un ordinateur pour l’acquisition
• Des logiciels spécifiques (INTI, ISIS…)
Il demande un peu de maîtrise technique, mais reste accessible à un amateur motivé.
Une communauté active
Le succès du Sol’Ex repose sur une communauté internationale d’amateurs :
• Partage de réglages
• Améliorations du design
• Publications collaboratives
• Échanges d’images
C’est un bel exemple d’innovation venue du monde amateur.
Conclusion

Le Sol’Ex marque une étape importante dans l’astronomie solaire amateur.
Il permet de passer de l’observation contemplative à une approche scientifique fine et quantitative.
Pour un club d’astronomie dynamique comme le CAASV, c’est un outil idéal pour :
• Monter un projet collectif
• Former les membres à la spectroscopie
• Produire des images spectrales de haute qualité
• Participer à la science collaborative
Le Soleil n’est plus seulement une étoile à regarder… il devient un objet à analyser, mesurer et comprendre.
Alex, membre éminent du CAASV vous propose ici de mesurer la vitesse de rotation du Soleil à l’aide d’un Sol’Ex
Soyez la première personne à réagir